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L’écart entre les genres après le départ à la retraite: différences entre les hommes et les femmes en matière de prestations de pension

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L’écart entre les genres après le départ à la retraite: différences entre les hommes et les femmes en matière de prestations de pension

Il est connu que les femmes gagnent moins que les hommes dans presque tous les pays. De manière globale, l’écart de revenu entre les genres se situe à 40 pour cent. Autrement dit, pour chaque dollar qu’un homme reçoit, une femme perçoit 60 centimes. Les implications sociétales d’un tel déséquilibre sont bien entendu nombreuses, mais c’est l’impact de cet écart de revenu sur les pensions et les prestations de pension après le départ à la retraite qui n’est bien souvent pas pris en compte.

Le rapport Ecarts de pension théoriques entre les genres de la Commission technique d’assurance invalidité-vieillesse-décès de l’AISS analyse certaines des causes à l’origine de l’écart de pension entre les genres et fait état d’éléments à prendre en considération afin de résoudre ce problème.

Il existe trois types d’écarts entre les genres, à savoir:

  1. la différence entre les prestations de pension mensuelles moyennes perçues;
  2. la différence de niveau de vie économique individuel mensuel moyen;
  3. la différence entre les pensions versées sur l’ensemble de la vie.

En termes de versements de pension totaux effectués, l’analyse révèle une diminution, voire une inversion, de l’écart entre les hommes et les femmes. Cela s’explique par le fait que, bien que les femmes reçoivent en moyenne des prestations mensuelles inférieures étant donné qu’elles vivent plus longtemps que les hommes, elles enregistrent une période de versements généralement plus longue que les hommes. En Russie, par exemple, les femmes ont une espérance de vie de 32 pour cent supérieure aux hommes. En d’autres termes, les femmes recevront, sur toute leur vie, une pension de 22 à 25 pour cent supérieure à celle des hommes.

Cependant, les pensions ont pour but d’aider à répondre aux besoins essentiels quotidiens des personnes âgées, il n’est donc pas question de déterminer combien elles perçoivent de manière générale. C’est à ce moment-là que l’écart entre les genres intervient.

Non seulement les femmes reçoivent en moyenne une pension mensuelle inférieure par rapport aux hommes mais, étant donné qu’elles vivent plus longtemps, elles sont bien plus susceptibles de vivre seules. Il a par ailleurs été démontré que la perte d’un conjoint laisserait le survivant avec un niveau de vie économique inférieur, en partie en raison d’économies d’échelle. Celles-ci impliquent que deux personnes vivant ensemble ont un niveau de vie économique plus élevé qu’une personne vivant avec la moitié du revenu du couple.

Face à un revenu mensuel plus faible mais à des frais plus élevés, l’écart entre les genres signifie que les femmes affrontent une situation financière bien plus difficile dès leur départ à la retraite.

Il existe plusieurs manières de résoudre ce problème, notamment:

  • l’introduction de mesures visant à réduire l’écart entre les genres, dans le cadre des régimes de pension basée sur les salaires existants;
  • la mise en place de prestations de survivants qui compensent la perte du niveau de vie économique lorsqu’un conjoint décède;
  • l’indexation des prestations de pension sur la croissance du salaire moyen.

L’écart de prestations de pension entre les hommes et les femmes provient essentiellement du fait que les revenus des femmes sur l’ensemble de leur carrière sont inférieurs à ceux des hommes. Elles perçoivent en général des salaires plus bas. Cette situation s’explique partiellement par le fait que les femmes sont majoritairement présentes dans les industries et les emplois peu qualifiés à faible revenu. Le taux de participation au marché du travail des femmes est moindre, en partie compte tenu du fait qu’elles doivent s’occuper des membres de la famille. Elles travaillent donc moins longtemps et endossent plus fréquemment des emplois à temps partiel, sans doute pour répondre aux besoins de leur famille. Dès lors, des mesures correctives ont été introduites dans le but de rétablir un niveau adéquat de cotisations pour les femmes.

La réduction de l’écart entre les hommes et les femmes en matière de revenus sur l’ensemble de la vie est un enjeu social qui dépasse le pouvoir des responsables politiques. Cependant, l’adaptation du système de pensions pour harmoniser les prestations et le niveau de vie économique des hommes et des femmes est une question que les systèmes de sécurité sociale vont devoir se poser.

Le rapport complet est disponible sur le site Web de l’AISS à l’adresse suivante: https://ww1.issa.int/wssf2019/reports